Mis à jour le 31/08/2026 – Prélèvements sur les équides

La propagation du virus Shamonda Europe continue, avec des résultats confirmés dans 16 départements à date du 20 août : Ain, Ardennes, Hautes-Alpes, Calvados, Cantal, Côte d’Or, Doubs, Jura, Loire, Haute-Loire, Nièvre, Puy-de-Dôme, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Savoie, Haute-Savoie. Il a été détecté également en Allemagne, en Belgique, en Suisse et aux Pays-Bas. La présence de ce virus sur l’ensemble du territoire est très probablement imminente.

Le virus est transmis par les Culicoïdes ; il s’agit d’un vecteur biologique et non mécanique. La dissémination du virus est liée aux vecteurs mais aussi, notamment pour les déplacements à distance, aux déplacements des animaux hôtes infectés, le plus souvent pré- ou asymptomatiques.

On observe que la maladie touche les bovins de tous âges et de tout stade reproductif, avec une intensité clinique très variable d’un élevage à un autre. L’impact clinique de ce virus Shamonda-like ressemble beaucoup à l’épizootie de Schmallenberg de 2012 : à la suite d’épisodes primaires de diarrhée, de fièvre, d’abattement et de chute de production ; sont ensuite constatées des vagues abortives importantes, après 3 à 4 semaines. De plus, il est à craindre que surviennent ensuite, comme pour Schmallenberg, des malformations fœtales lors des mises-bas. 

Au 20 août, seuls des élevages de bovins laitiers se sont révélés positifs aux analyses. Toutefois, le l’infection virale a été confirmée en Belgique sur un troupeau d’ovins asymptomatiques. Il n’est pas impossible que les petits ruminants ne manifestent que peu ou pas de signes cliniques durant la première phase, mais que surviennent par la suite des avortements et/ou des malformations fœtales. 

A ce jour, le très faible nombre de demande d’analyses auprès des LVD/LDA et, par conséquent, l’absence de confirmation de la présence virale dans des élevages allaitants s’explique très probablement par une moindre observance des éleveurs à cette période. Cependant, il est à craindre qu’une vague abortive survienne également pour eux, de façon similaire aux élevages laitiers.

La connaissance de ce nouveau virus émergent évolue de jour en jour. Le réseau national GTV et ses relais régionaux continuent de travailler et de réfléchir au quotidien en se coordonnant très régulièrement avec la Plateforme ESA, l’ENVT, les LVD/LDA, le LNR, le CIRAD et GDS France. 

Concernant ces prélèvements : Analyse à charge de l’éleveur (Fiche commémo ci-après). Il est demandé aux vétérinaires de prendre contact directement avec leurs laboratoires départementaux afin que ces derniers les orientent vers l’acheminement adéquat. 

  • Rappels de bonnes pratiques : bien vérifier les conditionnements d’envoi pour garantir la qualité des prélèvements et la fiabilité des analyses. une fiche de commémoratifs associés aux prélèvements est disponible via les LVD/LDA. Les informations à renseigner sont précieuses, tant pour l’aide à l’interprétation par le laboratoire d’analyses, que pour l’exploitation épidémiologique des données, ce qui permettra de faire des points de situation au niveau du territoire national (fréquence et types des signes cliniques, espèces et filières de productions touchées).
  • Critères cliniques d’inclusion : prélèvements d’animaux fébriles et/ou en phase aiguë d’abattement / chute de production. Attention : la diarrhée n’est pas forcément le meilleur critère de sélection des animaux.
  • Un point important : des avortements sont également rapportés, en décalé : ne pas hésiter à les faire tester SVP pour évaluer ce risque.
  • (Une fiche commémoratif avec les informations epidémio-cliniques utiles sera également proposée très rapidement)
  • Prélèvement : sang total sous EDTA (+ en cas d’avortement, adresser également le matériel biologique pour les recherches sur avortements : * foetus => rate, encéphale, liquide amniotique issu des « estomacs » par ponction au vacutainer ou aspiration à la seringue / * placenta => cotylédon 

Ci-dessous la Communication du GDS BFC envoyée aux éleveurs le 05/08/2026 :

Un nouveau virus, proche du virus de Schmallenberg, identifié en France, en Suisse et en Allemagne chez des bovins atteints de fièvre et de diarrhées

Suite à des épisodes de diarrhées inexpliquées sur des vaches laitières dans l’Est de la France, des recherches génomiques entreprises par l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse sur des cas observés en Haute-Savoie ont identifié un nouveau virus proche de celui de la maladie de Schmallenberg.

Des recherches conduites en Suisse et en Allemagne sur des bovins présentant les mêmes syndromes ont également abouti à la découverte d’un virus similaire.

Avant de conclure à l’émergence d’une maladie nouvelle, il faut s’assurer que ce virus est bien impliqué dans les signes cliniques observés, qui se manifestent dans un contexte particulièrement défavorable à la santé des animaux (canicule, sécheresse,…). Mais la concordance de ces découvertes dans le temps et dans un espace relativement proche géographiquement peut légitimement faire craindre l’émergence d’une maladie nouvelle, comme nous en avons connu avec la maladie de Schmallenberg dans les années 2010. Cependant il ne faut pas oublier toutes les autres causes de maladies (FCO, salmonellose, MHE,…) qui peuvent provoquer les mêmes symptômes et pour lesquelles une prévention est possible.

Cela nécessite des investigations complémentaires et une analyse approfondie de chaque cas suspecté. En cas de suspicion, parlez-en à votre vétérinaire.

En savoir plus :

Des cas de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, abattement et baisse de production laitière ont été observés dans plusieurs départements de l’Est de la France (Doubs, Jura, Ain, deux Savoie, Isère). Dans un premier temps, la diarrhée a été rapportée comme l’élément clinique majeur et a été au centre des investigations diagnostiques. Il est apparu qu’elle était sans doute l’un des éléments cliniques d’un syndrome marqué par un épisode fébrile de courte durée (quelques jours maximum) non systématique, d’une baisse d’activité et d’une baisse temporaire mais souvent conséquente de la production laitière.

Les cas se sont multipliés ces derniers jours, rapportés par de nombreux vétérinaires dans les départements concernés. D’autres cas cliniques similaires étaient signalés en Suisse.

Sur la base des constatations épidémio-cliniques et en l’absence de détection d’agents infectieux testés en 1ère intention par les laboratoires départementaux d’analyse, des échantillons biologiques ont été adressés à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT). Ces échantillons, issus de 3 élevages des Savoie mais analysés sous formes de mélanges, ont été soumis à un protocole d’analyse métagénomique, qui vise à identifier des séquences génétiques retrouvées dans les échantillons et à les comparer à des bases de données mondiales.

Les données issues du séquençage par métagénomique suggèrent la détection d’un orthobunyavirus du sérogroupe Simbu apparenté au virus de Schmallenberg. L’identification d’un virus similaire a été également documentée en Suisse et en Allemagne.

Les orthobunyavirus sont des virus enveloppés à ARN. Plusieurs membres du sérogroupe Simbu, notamment les virus de Schmallenberg, Shamonda et Akabane, infectent les ruminants et sont transmis principalement par des insectes du genre Culicoides. Chez les bovins adultes, ils peuvent provoquer un syndrome aigu généralement transitoire, associant fièvre, abattement et baisse de production. Leur principal impact sanitaire est toutefois lié aux infections survenant pendant la gestation, susceptibles d’entraîner des avortements ou des malformations congénitales.

La concordance de ces découvertes laisse craindre l’émergence d’une nouvelle maladie comme la vague de la maladie de Schmallenberg apparue dans les années 2010. Il reste cependant à préciser l’impact réel de cette maladie apparue dans un contexte très défavorable (sécheresse, canicule,…) pour la santé des animaux. La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter en première intention toutes les causes plus « conventionnelles ». Les virus de la FCO continuent de circuler, on signale également une augmentation des cas de salmonellose dans les avortements. . Les messages de vigilance concernant notamment la qualité des eaux d’abreuvement restent d’actualité. Il faut donc s’assurer de ne pas passer à côté de ces pathologies pour lesquelles une prévention est possible, ce qui ne serait hélas pas le cas pour ce nouveau virus.

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