Mis à jour le 05/08/2026 (8h)

Depuis un mois, des éleveurs laitiers décrivent des épisodes de diarrhée et de chute de production sur leurs vaches, plus ou mois associés à de l’hyperthermie.

La première hypothèse a été une dysbiose digestive liée à la chaleurs mais l’épisode se poursuivant malgré l’accalmie de la canicule, des examens complémentaires plus poussés ont été réalisés, notamment par la plateforme de métagénomique METAPATH de l’école vétérinaire de Toulouse (note en PJ).

A ce jour, une HYPOTHESE de circulation d’un virus, apparenté à celui de Schmallenberg, est émise : cet agent pathogène peut entrainer des épisodes fébriles et des baisses de production dans un premier temps puis des avortements dans un deuxième temps. Ce virus est transmis par les culicoïdes.

Les travaux de recherche de l’ENVT (dont vous trouverez leur note d’information est présentée ci-après) sont en cours de finalisation. A ce jour, il a été convenu que les laboratoires de proximité pourraient « filtrer » les échantillons (en fonction des commémoratifs) pour éviter de saturer l’ENVT. Des kits sont actuellement en cours de développement et de validation pour être mis à dispositions dans les meilleurs délais (2 à 3 semaines) par les LDA. Les coûts pour le détenteur sont encore à préciser.

Concernant ces prélèvements : 

  • Critères cliniques d’inclusion : prélèvements d’animaux fébriles et/ou en phase aiguë d’abattement / chute de production. Attention : la diarrhée n’est pas forcément le meilleur critère de sélection des animaux.
  • Un point important : des avortements sont également rapportés, en décalé : ne pas hésiter à les faire tester SVP pour évaluer ce risque.
  • (Une fiche commémoratif avec les informations epidémio-cliniques utiles sera également proposée très rapidement)
  • Prélèvement : sang total sous EDTA (+ en cas d’avortement, adresser également le matériel biologique pour les recherches sur avortements : * foetus => rate, encéphale, liquide amniotique issu des « estomacs » par ponction au vacutainer ou aspiration à la seringue / * placenta => cotylédon 
  • Acheminement par chrono ou express / froid positif : mentionner SVP « Recherche Orthobunya VL »
  • Adresse de livraison des échantillons (ou via votre LDA – voir procédure départementale)

Ci-dessous la Communication du GDS BFC envoyée aux éleveurs le 05/08/2026 :

Un nouveau virus, proche du virus de Schmallenberg, identifié en France, en Suisse et en Allemagne chez des bovins atteints de fièvre et de diarrhées

Suite à des épisodes de diarrhées inexpliquées sur des vaches laitières dans l’Est de la France, des recherches génomiques entreprises par l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse sur des cas observés en Haute-Savoie ont identifié un nouveau virus proche de celui de la maladie de Schmallenberg.

Des recherches conduites en Suisse et en Allemagne sur des bovins présentant les mêmes syndromes ont également abouti à la découverte d’un virus similaire.

Avant de conclure à l’émergence d’une maladie nouvelle, il faut s’assurer que ce virus est bien impliqué dans les signes cliniques observés, qui se manifestent dans un contexte particulièrement défavorable à la santé des animaux (canicule, sécheresse,…). Mais la concordance de ces découvertes dans le temps et dans un espace relativement proche géographiquement peut légitimement faire craindre l’émergence d’une maladie nouvelle, comme nous en avons connu avec la maladie de Schmallenberg dans les années 2010. Cependant il ne faut pas oublier toutes les autres causes de maladies (FCO, salmonellose, MHE,…) qui peuvent provoquer les mêmes symptômes et pour lesquelles une prévention est possible.

Cela nécessite des investigations complémentaires et une analyse approfondie de chaque cas suspecté. En cas de suspicion, parlez-en à votre vétérinaire.

En savoir plus :

Des cas de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, abattement et baisse de production laitière ont été observés dans plusieurs départements de l’Est de la France (Doubs, Jura, Ain, deux Savoie, Isère). Dans un premier temps, la diarrhée a été rapportée comme l’élément clinique majeur et a été au centre des investigations diagnostiques. Il est apparu qu’elle était sans doute l’un des éléments cliniques d’un syndrome marqué par un épisode fébrile de courte durée (quelques jours maximum) non systématique, d’une baisse d’activité et d’une baisse temporaire mais souvent conséquente de la production laitière.

Les cas se sont multipliés ces derniers jours, rapportés par de nombreux vétérinaires dans les départements concernés. D’autres cas cliniques similaires étaient signalés en Suisse.

Sur la base des constatations épidémio-cliniques et en l’absence de détection d’agents infectieux testés en 1ère intention par les laboratoires départementaux d’analyse, des échantillons biologiques ont été adressés à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT). Ces échantillons, issus de 3 élevages des Savoie mais analysés sous formes de mélanges, ont été soumis à un protocole d’analyse métagénomique, qui vise à identifier des séquences génétiques retrouvées dans les échantillons et à les comparer à des bases de données mondiales.

Les données issues du séquençage par métagénomique suggèrent la détection d’un orthobunyavirus du sérogroupe Simbu apparenté au virus de Schmallenberg. L’identification d’un virus similaire a été également documentée en Suisse et en Allemagne.

Les orthobunyavirus sont des virus enveloppés à ARN. Plusieurs membres du sérogroupe Simbu, notamment les virus de Schmallenberg, Shamonda et Akabane, infectent les ruminants et sont transmis principalement par des insectes du genre Culicoides. Chez les bovins adultes, ils peuvent provoquer un syndrome aigu généralement transitoire, associant fièvre, abattement et baisse de production. Leur principal impact sanitaire est toutefois lié aux infections survenant pendant la gestation, susceptibles d’entraîner des avortements ou des malformations congénitales.

La concordance de ces découvertes laisse craindre l’émergence d’une nouvelle maladie comme la vague de la maladie de Schmallenberg apparue dans les années 2010. Il reste cependant à préciser l’impact réel de cette maladie apparue dans un contexte très défavorable (sécheresse, canicule,…) pour la santé des animaux. La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter en première intention toutes les causes plus « conventionnelles ». Les virus de la FCO continuent de circuler, on signale également une augmentation des cas de salmonellose dans les avortements. . Les messages de vigilance concernant notamment la qualité des eaux d’abreuvement restent d’actualité. Il faut donc s’assurer de ne pas passer à côté de ces pathologies pour lesquelles une prévention est possible, ce qui ne serait hélas pas le cas pour ce nouveau virus.

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